Asexuelle et en relation hétéro, j’ai rarement envie de sexe et j’aimerais lui proposer une relation plus libre mais j’ai peur de sa réaction

Je suis une femme cis (en grande partie) asexuelle et en relation hétéro avec un mec. J’ai rarement envie de sexe et ca pèse sur notre couple. J’aimerai lui proposer une relation plus libre où il pourrait coucher avec d’autres personnes (que du sexe, pas de sentiments) mais j’ai peur de sa réaction, comment faire ? Comment poser également les termes d’une telle relation ?

Hello!

Alors je vais commencer par faire une petite piqure de rappel sur l’asexualité, que j’ai évoquée dans cette réponse, celle-là et celle-ci. L’asexualité, c’est le fait de ne pas ressentir de désir sexuel. Ce n’est pas une dysfonction ou un choix mais un état de fait. Certaines personnes sont asexuelles, d’autres sexuelles, et entre les deux il existe tout un tas de nuances, selon que l’on a une libido plus ou moins importante.

[Edit] Une personne m’a contactée sur FB pour me raconter ça « Je suis asexuelle, j’ai lu énormément de choses sur la question, j’ai moi-même beaucoup théorisé cela, et […] j’en ai assez de lire que l’asexualité est un manque de désir sexuel – de libido. Ce présupposé fait beaucoup de mal à la communauté asexuelle, et c’est aussi à cause de lui que je me suis sentie comme un monstre/une mauvaise asexuelle pendant très longtemps. L’asexualité, en tant qu’orientation sexuelle, indique juste le fait qu’un asexuel n’est attiré sexuellement par personne. Cela ne sous-entend en aucun cas s’il y a présence ou non de libido.
Un asexuel peut fantasmer, être réceptif aux stimuli érotiques, se sentir excité en lisant un livre, en regardant un film… Et il y a aussi des asexuels qui ont des pratiques non « normatives », et qui veulent des rapports sexuels mais seulement en rapport avec l’objet de leur fantasme. Il existe beaucoup de sortes d’asexualités, et je ne les connais sans doute pas encore toutes.
Dans mon cas, je suis autochorissexuelle. Je suis très réceptive aux stimuli érotiques/pornographiques. J’ai donc du désir sexuel/de la libido.
Mais voilà, mon désir sexuel/ma libido ne s’attache à aucune personne physique. Je ne suis attirée par personne.
Et cela n’empêche pas forcément d’avoir de rapports sexuels. Si on est un asexuel sex-positive, on peut très bien choisir d’avoir des rapports sexuels pour d’autres raisons que l’attirance sexuelle. On peut vouloir approfondir son intimité, que sais-je encore…
Sur ce test, il y a un panel assez représentatif des différents types possibles dans le spectre de l’asexualité. »

Comme pour beaucoup de choses dans la sexualité, ce qui est vrai à un instant T ne le sera pas forcément un an plus tard ou dans d’autres circonstances. ce n’est pas gravé dans le marbre. Ça ne veut pas non plus dire que c’est forcément une passade, et il est important de respecter cet état de fait, qu’il nous concerne nous-mêmes ou notre/nos partenaire.s. L’envie ça ne se force pas.

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Je ne sais pas depuis combien de temps tu es dans cette relation, ni si vous en avez discuté, mais si ce n’est pas le cas, sans doute serait-ce une bonne idée de le faire. En effet, tu dis que « ça pèse sur [votre] couple » mais est-ce une impression que tu as ou quelque chose dont ton copain t’a fait part? Peut-être que ça lui convient tout à fait? Ça c’est vraiment la première chose à déterminer selon moi avant de lui proposer un changement relativement important dans votre relation.

Après s’il te dit qu’effectivement, comme tu le penses, ta libido peu élevée lui pose problème, mettre sur la table une ouverture à d’autres partenaires sexuel.le.s sera sans doute plus facile à comprendre pour lui. Pour ce qui est de poser les termes d’une telle relation, je pense que ça demande déjà que toi tu réfléchisses à ce que tu penses pouvoir accepter ou pas et pourquoi, qu’il fasse de même de son côté puis que vous en discutiez ensemble avec une extrême empathie et bienveillance. Il ne faut pas hésiter à être extrêmement explicite dans la définition de ce que tu veux/ne veux pas, et veiller à ne pas se juger (ni soi ni l’autre) sur ses besoins, envies et limites. C’est un exercice d’honnêteté intellectuelle, d’écoute et de communication, et ce ne sera pas forcément facile mais si vous vous lancez avec à l’esprit le bien-être de l’autre autant que le vôtre, il pourra déboucher sur une relation d’un degré d’intimité que tu n’imagines peut-être même pas aujourd’hui. Parce que ça exige de s’ouvrir, de se rendre vulnérable et entièrement vrai.e. Et ça, c’est BEAU. Voilà.

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Je t’embrasse et te souhaite un bonheur rayonnant <3

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