Je fantasme sur les hommes, femmes et animaux, ai-je tort de m’identifier avec tous mes désirs en les assumant?

je ne sais pas vraiment me définir: je fantasme sur les hommes, femmes et animaux.
je n’ai pas encore eu de relations (je suis relativement fermé) je base donc mes croyance sur ce que je suis de pars mes désirs et pulsions. néanmoins je pense que le fait de ne pas vraiment savoir vers quoi me tourner ne m’aide pas dans l’ouverture aux autre dans le domaine amoureux. que faire?
ai-je tort de vouloir m’identifier et devrais vivre avec tout mes désirs tels qu’ils sont en les assumant?

Bonjour,

Alors c’est un peu compliqué de savoir par où commencer avec ta question, parce qu’elle contient plein de choses différentes. Il me semble difficile de mettre sur le même plan le fait de fantasmer sur les hommes et les femmes d’une part et les animaux de l’autre. Par ailleurs, je crois aussi que fantasmes, désirs, pulsion, sexualité et identité sont des choses bien distinctes bien qu’elles puissent être liées.

Pour commencer, je séparerais les hommes et les femmes des animaux dans ta question. Pourquoi? Parce qu’un⋅e animal⋅e n’est pas en capacité de consentir à un rapport. N’en déplaise à certain⋅e⋅s zoophiles qui assurent n’apporter qu’amour et plaisir à leurs bêtes, il n’est pas possible de s’assurer avec certitude de l’accord de l’animal⋅e, et cellui-ci n’a de toute façon pas les clés de compréhension (intellectuelles, sociales, etc) nécessaires pour  donner un consentement valide. C’est d’ailleurs ce qui explique le fait que la loi française interdise les contacts sexuels entre humain⋅e⋅s et animales⋅aux,. Ainsi, l’article 521-1 du code pénal prévoit que « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende. » Si le terme « sévices […] de nature sexuelle » semble laisser de la place à l’interprétation, concrètement, et au vu de la jurisprudence, cela concerne tout contact sexuel entre un⋅e humain⋅e et un⋅e animal⋅e.

Est-ce pour autant forcément problématique d’avoir ce fantasme? En fait ça dépend de ce que tu en fais. Par exemple, si tu regardes des vidéos porno mettant en scène des rapports sexuels entre une personne humaine et un⋅e animal⋅e, il est possible que tu contribues, même sans le vouloir, à l’exploitation et aux sévices infligé⋅e⋅s à un⋅e animal⋅e. Du coup, c’est pas terrible, clairement. Après, si c’est uniquement une idée, une pensée qui t’excite, a priori tu ne fais de mal à personne tant que ça se passe dans ta tête (ou dans des écrits ou dessins que tu ferais, par exemple). Idem si tu utilises des supports type hentaï ou animés qui ne mettent pas en scène de vrai⋅e⋅s animales⋅aux (il peut arriver qu’on soit excité⋅e/attiré⋅e par des animales⋅aux anthropomorphiques, c’est à dire qui présentent des caractéristiques humaines et n’existent donc que de manière imaginaire. Certaines personnes fantasment et/ou ont des rapports sexuels avec des humain⋅e⋅s déguisé⋅e⋅s en animales⋅ux (parfois surnommé⋅e⋅s « furries », même si la culture « furry » n’est pas limitée à l’aspect sexuel) ce qui, dans le cadre du consentement éclairé, ne pose pas du tout de souci.

Ensuite, en ce qui concerne ton attirance pour les hommes et les femmes, entre le « fantasme », la « pulsion » et le fait d’assumer ou de t’identifier à ces attirances il y a plein de possibilités qui existent. C’est d’autant plus vrai que tu dis n’avoir pas « encore eu de relations » et baser « [t]es croyances sur ce que [tu es de par tes désirs et pulsions] ». Mais nos désirs ne nous définissent pas forcément, pas plus que nos fantasmes doivent nécessairement être réalisés ou que nos pulsions sont vouées à être assouvies.  Ce qui nous semble excitant en théorie ne le sera pas forcément une fois sorti de notre esprit, la réalité ayant pour fâcheuse habitude de ne pas se plier à notre volonté… Et puis, ce n’est pas parce qu’on embrasse, qu’on tombe amoureuxse, qu’on fait du sexe avec une fille et/ou un garçon que ça nous dit forcément qui ont est, comment on veut vivre nos relations, ni si ça sera toujours comme ça. Ce qu’on appelle l’orientation sexuelle, ce n’est pas un contrat signé avec le sang dès les premiers frémissements et qui te lie à vie à une façon de te comporter en amour et/ou au lit! Ça peut changer, fluctuer, en fonction des personnes que tu rencontres, de la façon dont tu te sens avec toi, avec celleux qui t’entourent. C’est souvent une identité sociale en plus d’une simple étiquette sur des pratiques et/ou partenaires sentimentalesaux et/ou sexuelles.

Je ne dis pas que tu ne devrais pas chercher ton identité, hein, c’est une quête hyper fréquente et complètement légitime. On se cherche le bon mot, la bonne étiquette parce que ça permet de trouver d’autres personnes comme soi, avec qui on peut parler et échanger, partager ses opinions et son vécu, notamment. Et c’est précieux. Mais parfois on risque de s’enfermer, aussi, dans ce processus. Parce qu’on n’a pas trouvé le mot sur mesure pour notre vécu, on va se croire seule alors qu’il y a toujours des personnes qui vivent et ressentent des choses similaires. Parce qu’au contraire on a trouvé un mot qui nous convient, on va s’enrouler autour de cette identité, se replier sur ce noyau quitte à oublier toute notre complexité. On n’est jamais « que » gay, ou hétéro ou lesbienne ou bie. On est aussi drôle, angoissée, empathique, solidaire, ambitieuxse, mélancolique, exubérante, introvertie, bref, on est toutes comme des oignons de caractéristiques et ce serait dommage de l’oublier.

Dans ton cas, ça peut paraître simpliste mais j’ai envie de te dire de laisser venir les coups de cœur, les rencontres, finalement peu importe que ce soit un mec ou une fille qui te plaît, qui t’attire ou avec qui tu sors. Le principal c’est que ce soit une personne avec qui tu t’entends bien, qui t’apporte des choses positives, te soutient, te donne confiance en toi, t’écoute… Et tout ça, cela peut être présent chez n’importe quoi, ça ne dépend pas du sexe/genre!

Donc : assumer tes désirs? OUI! Réaliser tes fantasmes? OUI, dans la mesure où tu respectes le consentement éclairé. Pour le reste, laisse toi la chance de te découvrir :)

En espérant que cela puisse t’aider,

Bises

Cette réponse existe grâce au soutien de @Kyoht sur Tipeee. Merci beaucoup!

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