Comment gérer son rapport au porno quand on est féministe ?

Si le « privé est politique » et si le sexe a une charge politique non négligeable (par ex : les scénarios de porno reposent bcp sur la soumission de la F envers l’H), comment gérer son rapport au porno quand on est féministe ?

Alors, c’est assez compliqué comme question…
Déjà, pour commencer, tu dis « le sexe a une charge politique non négligeable »… Ah bon? On parle de quoi? De « la sexualité »? On estime donc qu’il existe UNE sexualité? Ou alors on admet qu’il existe autant de sexualités que de personnes? Ou est-ce que tu parles de la façon qu’a chacun-e de vivre sa sexualité? Ca demande quelques éclaircissements je trouve…
Ensuite tu embrayes en parlant de porno, ce qui est autre chose que la ou les sexualités puisqu’il s’agit de fictions!
S’il est vrai qu’une bonne partie des films porno reposent sur la soumission de la femme envers l’homme, ce n’est pas le cas de TOUS les films pornos.
Selon moi, en tant que féministe, on peut parfaitement avoir des fantasmes de soumission dans le cadre de pratiques sexuelles, ce n’est pas incompatible (d’autant que les relations entre dominant et dominé ne sont pas aussi simples et univoques qu’on peut le penser (j’en parlais ici un peu)
En tant que féministe je crois que le minimum est de s’assurer que les supports sur lesquels on se masturbe ont été faits dans des conditions éthiques et notamment avec des acteurs et actrices majeur-e-s et consentant-e-s pour toutes les pratiques. Par exemple, quand on a lu les témoignages pointant les graves dérives d’une certaine plateforme que je ne nommerai pas mais qui commence par « Jac » et finit par « chel », ça me paraît effectivement très problématique de continuer à se masturber devant leurs contenus et donc de financer leurs pratiques plus que critiquables.
Mais, et je le répète, si toutes les pratiques privées peuvent effectivement être analysées et n’existent évidemment pas ex-nihilo mais dans un contexte patriarcal, cela ne signifie pas que certains désirs ou pratiques puissent être jugés antiféministes ou des bêtises de ce genre tant qu’on agit dans le cadre d’un consentement explicite entre partenaires majeurs.
Ton corps t’appartient, ta sexualité et tes fantasmes aussi, et rien de cela ne saurait être jugé au nom du féminisme. Si tu adores te faire fesser, prendre en levrette, fister, rien de cela n’a à être considéré comme dégradant en soi, ou comme antinomique avec tes convictions féministes.

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