Je ne veux pas être en couple, je ne veux pas non plus de coups d’un soir.

Bonjour Diane,

J’ai découvert ton site via Barbieturix, j’ai été touchée par ta disponibilité face aux questions que tu reçois. 

J’aimerai donc te faire part de ce que je vis actuellement, et t’expliquer comment j’en suis arrivée là. Comme ça risque d’être long, je préfère passer directement par e-mail.
Par avance, je te remercie sincèrement de ton temps et de ta réponse.

J’ai 29 ans, je suis séparée depuis 2 ans et demi. Ma procédure de divorce est en cours, il sera prononcé très prochainement. Actuellement, je me sens plutôt bien dans ma vie, je ne manque de rien et je suis proche de mes parents et mon grand frère. Mais je ressens une sorte de mal-être qui m’empêche d’être épanouie, comme si je « bloquais » à être heureuse.

Pour te résumer mon parcours sentimental, j’ai enchainé les histoires d’amour jusqu’à rencontrer mon mari à l’âge de 23 ans, on s’est vite mariés et là j’ai commencé à être très malheureuse. Je me suis mise à vivre que pour lui, le soutenir dans tous ses projets, en m’oubliant totalement. J’ai pris 18kg, arrêté tout ce qui m’amusait ou me passionnait. C’était un manipulateur qui petit à petit m’éloignait de ma famille et mes amis. Il me faisait culpabiliser vis à vis de mon passé, ne me faisait pas confiance alors que jamais je n’ai fait quoi que ce soit dans son dos, jamais je ne l’ai trompé. Car avant de le connaître j’étais une fille très libérée, à l’aise avec ma sexualité, j’ai même tenté de nombreuses expériences un peu folles comme le libertinage ou le porno. Il était au courant de tout cela, il me faisait culpabiliser et me dégoûter de moi-même.
Il pouvait passer des journées entières sans m’adresser la parole, sans me regarder. La dernière fois où nous avons eu un rapport, il dormait ou faisait mine de dormir, a commencé à me grimper dessus comme un animal et en larmes j’ai dit stop. Il n’avait pas envie de moi, juste de baiser, ça m’a fait terriblement mal de ressentir ça.
Ne pouvant plus continuer à supporter cette vie et avec de nombreuses idées noires en tête (du 3ème étage je visualisais le sol, je me voyais me jeter par la fenêtre puis je pensais à ma famille qui serait terriblement malheureuse, c’était tout ce qui me retenait, ne pas vouloir les faire souffrir), j’ai décidé de le quitter fin 2012. Je suis alors retournée vivre chez mes parents pendant plus d’un an avant d’enfin avoir mon propre appartement. J’étais bien, chouchoutée, mais également un peu effrayée à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes.
J’ai eu 2 petites histoires foireuses après ma séparation, avec des garçons qui finalement ne me plaisaient pas plus que ça. 
Mon mari n’a jamais cherché à me recontacter, sauf un mail assez bizarre presque 1 an après où il me disait m’avoir toujours aimée. Entre temps j’ai eu accès à des échanges qu’il a eu avec un de ses ex, où il disait grossièrement la même chose…
Ensuite ce fut le néant total. A chaque fois qu’un garçon m’approchait, aussi séduisant soit-il, je n’arrivais pas à « aller plus loin » et je m’en désintéressait juste après quelques bisous.
Aussi, je me demande si finalement je ne préfère pas les femmes aux hommes…
Car très tôt j’ai toujours admiré les jolies femmes, j’ai même eu quelques histoires de cœur avec deux, avant de rencontrer mon mari. 
J’ai toujours pensé être bi, maintenant je me demande si je ne serai pas lesbienne, ou si les bi ont des « phases » ?
J’ai aussi retrouvé ma meilleure amie à qui je ne « pouvais » plus parler pendant mon mariage, car mon mari était jaloux d’elle.
Nous étions heureuses de nous retrouver, c’était une sorte d’amour-amitié. Nous avons couché ensemble il y a 6 mois et nous nous sommes disputées ensuite (pour des bêtises…). Maintenant nous ne nous parlons plus, je me sens un fois de plus trahie après m’être abandonnée à quelqu’un.
Il y a aussi la domination où je m’amuse, je possède un soumis qui parfois me caresse lorsque je lui demande. Cela ne va pas plus loin car je ne le désire pas. Ça me réconforte et me rassure car j’ai le droit d’être égoïste dans cette relation. Je n’avais pas encore considéré le sexe dans le schéma dominante/soumis, finalement c’est assez agréable et ça correspond bien à l’état d’esprit dans lequel je suis en ce moment.
Mais il me manque quelque chose… je ne veux pas être en couple, je ne veux pas non plus de coups d’un soir. J’aimerai juste retrouver confiance en les autres, ainsi que la légèreté que j’avais avant mon mari.
Je souffre aussi de colopathie depuis 1 an, j’ai consulté mais le spécialiste me dit « c’est normal, un divorce ça remue », c’est un peu facile comme diagnostic non…?
Je stresse pas mal lorsque j’ai une soirée, même lorsqu’il s’agit de voir des amis. Je commence à laxophobe, dû à mon état.
Mon sommeil est devenu une catastrophe. Evidemment les sorties en boites avec substances variées n’aident pas mais j’essaie de « rester sage » en prenant des substances qu’une fois par mois maximum. Des fois tous les 15 jours, je l’avoue.
Je psychote sur la nourriture, tel aliment va me donner des maux de ventre, pourtant j’aime manger et je suis gourmande, tant que c’est sain / bio / vegan !
Voilà où j’en suis… Je suis désolée du pavé que j’ai rédigé. Je crois avoir besoin d’aide pour retrouver confiance, mais par où commencer ? J’ai perdu tout le poids gagné, je fais du sport et je me sens vraiment bien dans mon corps, mais pas dans ma tête. 

C’était ma bouteille à la mer… Merci pour ton temps,

Bonjour,

Il semble que tu as traversé (et traverses sans doute encore) une énorme zone de turbulences émotionnelles, et qu’il serait sans doute bon que tu puisses en parler à un.e professionnel.le (par exemple un.e psy) et/ou à une association ou un groupe de parole plus spécialisé sur le type de relations dysfonctionnelles qui t’unissait apparemment à ton ex-mari. Il existe ce site où ont été recueillis de nombreux témoignages qui pourraient t’aider à réaliser que tu n’es pas du tout seule dans ton cas, tu peux d’ailleurs envoyer le tien en écrivant à tanpmp@gmail.com.
D’après ce que tu m’en dis, il était dans la maltraitance psychologique chronique,avec des comportements qui se rapprochent de ceux que l’on retrouve chez ce que l’on appelle les « pervers narcissiques » (éloignement de la famille, des amis, critiques et suspicions permanentes et infondées… Sans compter ce que tu décris comme étant votre dernier rapport et qui me semble avoir eu lieu sans ton consentement, et qui pourrait donc être qualifié de viol juridiquement parlant.)
Cela ne fait même pas trois ans que tu l’as quitté, et votre divorce n’est pas encore prononcé, ce qui veut dire aussi que c’est sans doute compliqué pour toi de voir cette relation comme bel et bien terminée, classée, archivée. Cela explique peut-être aussi les nombreuses questions que tu te poses sur ton identité et ton orientation sexuelle.
Sur ce point, ce n’est pas parce que tu as du mal avec les hommes ces derniers temps que tu n’auras plus jamais envie d’être avec un homme. Peut-être que c’est juste passager, que tu as besoin de temps et de rencontrer la bonne personne qui saura te redonner confiance après l’histoire éprouvante que tu as vécue avec ton ex-mari. Peut-être aussi que tu as envie de te (ré)ouvrir à d’autres possibilités avec des femmes, mais cela ne t’oblige en aucun cas à te définir comme bie ou lesbienne. C’est à toi et toi seule de voir et de décider si tu as envie de te définir (tu peux très bien te dire que non, que tu n’as pas envie d’étiquette, que tu es dans une période de transition sur plein d’autre chose, en train de te retrouver toi-même en tant que personne et que tu ne souhaites pas te définir) et si tu le souhaites, toutes les options te sont ouvertes. Tu peux te dire hétéro mais avoir des histoires avec des filles, ou te dire bie, ou te définir comme lesbienne, ou encore pansexuelle ou asexuelle. Quoi qu’il en soit, la sexualité est quelque chose de fluide et non pas figé ou immuable, et on peut être/se définir bie, hétéro, lesbienne sans que ce soit définitif.
Pour ce qui est de la domination, ça peut en effet être un moyen de reprendre les commandes très agréable mais attention, car la position de dominante n’est pas toujours simple, on prend la responsabilité du soumis ou de la soumise, et cela peut s’avérer pesant.
Enfin, en ce qui concerne les troubles du sommeil/ de l’alimentation/ de relation avec les substances qui semblent te poser problème, il me semble que le spécialiste qui t’a dit « un divorce ça remue » est en plein dedans : toutes ces indications pointent vers un mal être que tu dis d’ailleurs ressentir, et c’est vraiment intimement lié comme cet article en parle bien.
Pour conclure je dirais que c’est génial déjà que tu aies repris contact avec ton corps (pas tellement la perte de poids, en soi, mais le fait de faire du sport, de te sentir bien dans ton corps, etc) et que cela doit sans doute t’aider dans tes démarches pour te sentir mieux de manière générale. Mais il semblerait que tu aies besoin d’un petit coup de pouce pour ce qui se passe sous le capot de ton crâne également, ce qui peut passer par différentes choses comme je te le disais : psy, groupe de parole, asso, méditation, yoga… Ce sont autant d’outils qui sont à ta disposition pour continuer à aller mieux, mais aussi à réaliser l’immense chemin que tu as déjà parcouru. Tu as réussi à quitter une personne qui te rendait très malheureuse et t’avait sous son emprise, c’est déjà hyper admirable, tu sais? Tu as également recommencé à penser par et pour toi, à voir des amis, à te construire et te penser en tant que personne, ce sont d’énormes réalisations :)
J’espère avoir pu t’aider et t’embrasse bien fort

 

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