Je suis puceau et je fantasme sur le fait d’être humilié et dominé par une femme, ça peut arriver la première fois?

Bonjour,
J’ai 19 ans,  je suis toujours puceau, et j’ai une forte attirance par le fait d’être dominé par une femme (humiliations, emprise, …). Je voulais savoir si pour une première fois (si l’occasion se présente …), ce genre de pratiques pouvaient être envisagées, ou faut-il commencer « normalement ». Et si je commence une relation, comme parler de ce fantasme, quelque peu « spécial ».
Merci d’avance pour ta réponse.

Bonjour!

C’est une question intéressante et pas évidente, surtout qu’elle recouvre en réalité plusieurs interrogations il me semble.

Pour commencer, tu dis être attiré  » par le fait d’être dominé par une femme » mais tu précises également être puceau. J’en déduis qu’il s’agit, en tout cas pour l’instant, d’une pratique dont l’idée t’excite, qui prend peut-être une place importante dans ton imaginaire ou tes choix de supports si tu te masturbes déjà. Pour le moment, il s’agit donc plutôt d’un fantasme que d’une préférence sexuelle, puisque tu n’as pas eu l’occasion de le mettre en pratique et de voir si ça te plaît vraiment concrètement ou pas.Je te dis ça ce n’est pas du tout pour te dire qu’il ne faut pas le faire, hein, mais il peut arriver, en passant du « rêve » à la réalité, qu’on soit déçu⋅e. Parfois parce qu’on a pas trouvé le/la/les partenaire⋅s qu’on aurait voulu, parfois parce que le rapport ne ressemblait pas à ce que l’on avait construit comme scénario, comme images, comme sensations… Cela dit, parfois c’est aussi une expérience géniale et excitante et libératrice de concrétiser ce quoi on fantasme depuis longtemps, et la seule manière de le découvrir c’est d’essayer…

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Du coup j’aurais plutôt tendance à conseiller aux personnes de se faire elles-mêmes une idée en testant les pratiques qui les attirent dans le cadre le plus sécurisant et bienveillant possible, c’est à dire avec une (ou plusieurs) personnes en qui elles ont confiance, dans un endroit qu’elles connaissent (ou dont elles ont pu donner l’adresse à une personne en cas de doute ou de stress), etc etc…Ces conseils s’appliquent à tout le monde et à toutes les pratiques donc ils valent aussi pour toi, et a priori je ne vois pas pourquoi ta première expérience sexuelle partagée ne pourrait pas une relation de soumission à une femme si c’est ce qui te tente.

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Tu me demandes s’il « faut […] commencer ‘normalement' »  alors tu t’en doutes peut-être si tu m’as déjà lue, les « il faut », « on doit » et autres injonctions c’est vraiment pas du tout mon délire, surtout accolé à une idée de « normalité » dans la sexualité qui ne veut absolument rien dire en soi, puisque chacun⋅e a sa propre idée et définition de ce qui est « normal » (c’est à dire « bon », « bien » ou tout simplement « acceptable » ou « compréhensible »). En un mot comme en cent : NON, tu n’as pas à te forcer à avoir des rapports sexuels qui ne t’excitent pas, que ce soit en termes de partenaire⋅s ou de pratiques, même pas « pour commencer »… En fait surtout pas pour commencer, même! Au contraire, entrer dans la sexualité en se contraignant à faire des choses dont on n’a pas envie, ça peut être très dérangeant voire traumatisant et en tout cas poser de sales bases pour le futur de tes relations sexuelles.

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Donc : écoute-toi et fais toi confiance, essaye de réfléchir à tes limites pour pouvoir les expliquer et les respecter. C’est important pour tout le monde, mais ça l’est peut-être encore plus dans tout le domaine des jeux de rôles qui impliquent des rapports de pouvoir explicites et parfois « violents »(au sens où il peut y avoir des éléments qu’on considère habituellement ainsi : coups, blessures, insultes, etc…). Pour que cela se passe bien, il est essentiel que toi et ta partenaire puissiez discuter AVANT de passer au concret, définir ce que tu veux/penses vouloir/sais que tu ne veux pas. Ça peut passer par une liste avec différentes pratiques que tu peux noter en OUI(ce que tu sais que tu aimes)/PEUT-ETRE(ce que tu as envie d’essayer mais que tu n’es pas sur d’aimer)/NON(ce que tu ne veux pas faire). Les personnes impliquées dans ce type de rapports définissent aussi le plus souvent un « safeword », un mot d’urgence qui dit là on arrête tout, tout de suite. Il existe normalement une sorte de contrat moral (qui peut être matérialisé par un contrat effectivement signé) entre le/la dominant⋅e et son/sa soumis⋅e, et ça implique pour le/la dominant⋅e de respecter très attentivement les limites de son/sa soumis⋅e, de le/la traiter avec considération et soin, notamment après une « séance ». Si tu veux en savoir plus, j’avais fait une assez longue réponse sur comment se lancer dans le BDSM (Bondage Discipline Domination Soumission Sado-Masochisme) avec un max de sécurité et sérénité.

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Après, vient la deuxième partie de ta question, c’est à dire : comment annoncer à une personne avec qui on commence une relation qu’on a des envies que certain⋅e⋅s considèrent comme inhabituelles ou « spéciales » pour reprendre tes mots? Ça pour le coup ce n’est vraiment pas évident car il est assez difficile de savoir comment les personnes en face vont réagir en fonction de leur goûts , de leur éducation, de leur expériences, etc. Si tu démarres une relation avec une personne dont tu ne connais pas encore grand chose, ce sera chaque fois à toi de juger si tu peux te fier à cette personne en fonction de ce que tu sais et/ou sens d’elle. Cela dit, tu n’as pas non plus d’obligation de donner le détail des pratiques qui t’excitent dès que tu rencontres quelqu’un⋅e qui te plaît, cela peut venir au fur et à mesure, à moins que ce soit tout à fait central à tes yeux…

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Plusieurs cas de figures sont possibles quand/si tu annonces à une personne une préférence sexuelle qui sort de l’ordinaire disons:

  • La personne réagit « mal » c’est à dire qu’elle est manifestement choquée, qu’elle semble te juger pour tes goûts, etc… Ça peut être assez (voire très) blessant pour toi, pourtant ce n’est pas forcément qu’il y a une intention mauvaise, c’est peut-être simplement que la personne n’a jamais entendu parler de la pratique, ou alors qu’elle a de fortes représentations concernant cette pratique, qu’elle n’a jamais eu l’occasion d’en parler avec une personne concernée… Ça peut aussi se modifier si la personne change d’avis, si ses propres préférences évoluent vers quelque chose de similaire, si elle a juste envie d’essayer. Une première réaction négative n’est pas nécessairement définitive, mais il ne t’appartient pas de la faire changer avec des demandes insistantes, c’est son droit de ne pas aimer telle ou telle pratique (en revanche de son côté rien ne l’oblige à te juger pour ça).
  • La personne est mitigée, dubitative, elle semble en pas comprendre mais pose des questions, demande des précisions, en bref elle est curieuse, intriguée ou tout simplement elle semble ouverte à l’idée. Ça ne veut pas dire qu’elle sera partante pour partager ces pratiques mais au moins elle se rend disponible pour en parler et peut-être même envisager la possibilité d’essayer un jour avec toi.
  • La personne est à l’écoute, elle ne porte pas de jugement du tout mais t’explique que ce genre de jeux ce n’est pas son truc personnellement et… encore une fois, c’est complètement son droit! Peut-être qu’il te sera possible d’explorer cette partie de ta sexualité avec d’autres?
  • La personne est super emballée : jackpot tu es tombé sur quelqu’un⋅e qui partage tes préférences en matière de sexualité et a envie de les explorer avec toi!

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En pratique, comment en parler? Ça dépend un peu de l’importance qu’ont ces pratiques pour toi. S’il t’est impossible d’imaginer avoir des rapports sexuels sans ça, effectivement c’est logique que ça arrive sur la table assez tôt dans la relation naissante, et là bon, y’a pas 15 000 manières de mettre le sujet sur la table, il vaut mieux y aller franco mais dans un contexte qui laisse assez d’intimité et de temps pour la conversation (pas entre deux portes avec vos parents ou vos potes à côté). Si c’est quelque chose de plus secondaire ou de complètement optionnel pour toi, il t’est peut-être possible d’attendre de mieux connaître la personne pour savoir si tu te sens de lui en parler et de faire face à sa réaction qui, on l’a vu, peut être très variable. Quoi qu’il en soit il faut faire gaffe à pas trop attendre non plus car ça risque de devenir compliqué (mais pas impossible!) d’en parler si ça fait super longtemps que vous êtes ensemble, d’autant que s’ajouteront peut-être des enjeux émotionnels plus forts (genre peur de perdre la personne, son respect, sa considération ou son amour si elle désapprouve nos envies…).

Voilà, désolée pour cette lonnnngue réponse, j’espère qu’elle t’aidera un peu,

Des bises!

Cette réponse existe grâce au soutien de @feuillederose sur Tipeee. Merci beaucoup!

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