Ma copine est attirée par le BDSM et a des sexfriends, je n’arrive pas à lui dire que ce qu’elle fait me ronge

Bonjour Sexy SouciS

Je viens te demander de l’aide aujourd’hui concernant ma relation amoureuse avec ma copine. J’ai 17 ans et elle aussi mais nos attirances dans la pratique sexuelle sont diamétralement opposées. Ma copine est attirée par le bdsm et n’hésite pas à me raconter ses expériences passées avec des sexfriends beaucoup plus vieux qu’elle. Attention, nous nous entendons très bien sur le plan sexuel, je prends beaucoup de plaisir dans l’acte et ma copine jouit plusieurs fois au cours de ce même acte.
Je n’ai aucune honte à admettre que le soucis vient uniquement de moi, ma copine a tout à fait le droit d’avoir des tendances bdsm et je respecte ça (Même si le concept me dépasse complètement). Seulement, je lui ai déjà autorisé à parler avec des mecs ayant les mêmes délires qu’elle et aussi à aller les voir mais je prends énormément sur moi pour qu’elle puisse vivre sa vie sexuelle au maximum. Je suis plusieurs fois tombé sur certaines conversations qu’elle avait avec ses « partenaires » et ma curiosité l’emporte sur ma raison, le soucis c’est que je suis révolté par le comportement de ses sexfriends (insultes, objetisation de la femme etc…) et j’en viens à presque les mépriser, voir les haïr.
La vie n’a pas toujours été rose pour moi, avant qu’on se rencontre, j’étais au bord de la dépression et avait envisagé le suicide. Maintenant cela fait 6 mois que nous sommes ensemble et je pense que ma copine m’a indirectement sauvé la vie.  Malgré tout, j’arrive quand même à douter de moi et de ce qu’elle préfère entre moi et ses sexfriends. Je me suis vite rendu compte qu’elle parlait beaucoup plus avec ses partenaires qu’avec moi, j’en suis venu aussi à douter que cela n’arrive uniquement parce qu’elle s’adapte simplement à ma personnalité qui est beaucoup plus axée sur le physique (Je ne dis pas « je t’aime », je le montre) ou si effectivement c’est tout simplement plus « intéressant » pour elle de parler avec ses partenaires qu’avec moi.
En ce qui concerne le bdsm, c’est tout simplement au dessus de mes forces, je ne peux pas satisfaire ses désirs de soumissions sans me faire violence moi même.
Comme tu as pu le remarquer je pense, j’ai de gros problèmes de confiances en moi (J’ai tous les symptômes du syndrome de l’imposteur mais je ne suis pas encore allé me faire diagnostiquer) et mes traumatismes passés ont beaucoup affecté mon appréhension de la vie affective. Je vivais les 3 premiers mois de ma relation avec ma copine dans la peur constante qu’elle me quitte et même si maintenant je reprend graduellement confiance en moi, j’ai toujours cette arrière-pensée qui me dit qu’au final je suis juste un bouche-trou pour elle car on habite assez prés l’un de l’autre.
Voilà, ma copine va voir son deuxième « papa » (je pense que c’est assez explicite) ce week-end et rien que la pensée de ce mec qui la traite de « chienne » dans la même pièce qu’elle me donne de furieuses envies de donner un coup de poing dans le mur (dramatique, hein?). Malgré tout, je n’arrive pas à me résoudre à lui dire que ce qu’elle fait me ronge, elle m’a sauvé la vie après tout, ce serai ingrat de lui reprocher de vivre la sienne au maximum…

Je sais que c’est un pavé plutôt consistent, bonne lecture à toi et j’espère que c’est assez aéré.

L.

Bonjour L,

C’est une question très dense en effet, et paradoxalement tu ne formules pas vraiment d’interrogation. De ce que j’en comprends, tu es un peu coincé dans un dilemme. D’une part tu aimes ta copine et ressens une profonde gratitude pour le rôle positif qu’elle a joué (et continue de jouer?) dans ta vie et tu ne veux pas empiéter sur sa liberté, notamment sexuelle. Mais d’un autre côté tu es jaloux de ses autres relations, tu ne sembles pas à l’aise face à ses envies SM, même si elles ne t’impliquent pas personnellement.

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Pour commencer, je me permets de relever quelques expressions que tu utilises et qui sont intéressantes je crois. Ainsi, même si tu admets que ta copine a « le droit d’avoir des tendances bdsm » et que tu « respecte[s]s ça », tu dis juste après l’avoir « autorisé » à avoir des relations avec des personnes ayant les mêmes penchants que tu ne partages pas. Pourtant dans une relation entre personnes pleinement consentantes, aucune des personnes ne possède l’autre, il n’y a en principe pas de rapport hiérarchique ou d’autorité, et il n’y a donc pas lieu d' »autoriser » ou d »interdire d’ailleurs quoi que ce soit à son/sa/ses partenaires. La seule chose que l’on peut faire, c’est formuler des demandes du type « j’aimerais que », « je préférerais que » « est-ce que tu voudrais bien que » , respecter la réponse et la décision de son/sa/ses partenaires (c’est à dire réaliser que quand on fait une demande, la personne en face peut tout à fait refuser) et prendre en compte cette réponse/décision pour prendre sa propre décision (si la réponse ne nous convient pas, il faut réfléchir à des alternatives envisageables).

Autre point : tu dis être « tombé sur certaines conversations »… honnêtement, je crois qu’on ne « tombe » que très rarement sur des choses par hasard, et que si tu es « tombé sur » ces conversations, c’est que tu les cherchais, non? D’ailleurs cela se confirme lorsque, un peu plus loin, tu dis t’être « rendu compte qu’elle parlait beaucoup plus avec ses partenaires qu’avec [toi] ». Alors bien sûr, on a (presque?) tou⋅te⋅s un jour stalké son/sa partenaire, que ce soit en fouillant ses affaires ou en allant fouiner sur ses réseaux sociaux en public, voire, pire, en utilisant son mot de passe pour avoir accès à ses échanges en privé. C’est une manifestation très courante de jalousie et ça peut sembler compréhensible ou pas très grave…

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Mais ça constitue une violation de sa vie privée, ainsi que de la confiance mutuelle qui est censée être la base d’une relation : iel te fait confiance pour ne pas fouiller ses affaires (matérielles ou virtuelles, peu importe) et tu lui fais confiance pour respecter les termes de votre relation tels que vous les avez définis. Dans votre cas, c’est d’autant plus problématique que tu SAIS qu’elle a d’autres partenaires, et qu’il n’y a de sa part aucune dissimulation ni aucun « manquement » à l’accord relationnel que vous avez passé. Tu dis être « révolté » par ce que tu as lu dans ces conversations, mais elles ne t’étaient à aucun moment destinées. De la même manière, tu expliques en arriver à « mépriser » et même « haïr » les sexfriends de ta copine, et selon toi cela serait du à leurs propos que tu trouves choquants et/ou déplacés. Mais encore une fois : ils ne te sont pas destinés…

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Est-ce que cela veut dire que tu n’as pas le droit de ressentir de malaise par rapport au fait que ta copine aies choisi des relations (épistolaires et/ou sexuelles) qui la placent en position de soumission? Non. Tu as le droit de ressentir cela, et de surcroît le fait que cela te « ronge » d’imaginer ta copine dans ces situations n’est pas du tout à prendre à la légère.

Je pense qu’il y a plusieurs soucis à distinguer, même s’ils sont très probablement liés et entremêlés.

Le premier, c’est que (au moins pour l’instant), tu es plutôt fragile (tu parles de « traumatismes passés », d’envisager le suicide ce qui n’est pas rien et d’être « au bord de la dépression »). Tu as du mal à avoir confiance en toi (et tu en as conscience puisque tu le dis toi-même). Cela explique sans doute ta jalousie, le fait que tu as l’impression ne pas être assez « intéressant » (ou en tout cas pas autant que ses autres partenaires), qu’il y aurait un « soucis » qui « vient de toi », que tu serais  » juste un bouche-trou ». En gros tu as du mal à comprendre ce que ta copine te trouve, tu ne t’estimes pas digne son affection et tu as peur qu’elle te quitte ou cesse d’éprouver des sentiments pour toi, voire qu’il s’avère qu’elle n’en n’a jamais eu. Je pense que ce sont des blessures sérieuses et que tu as peut-être besoin de l’aide d’un⋅e professionnel⋅le pour te sentir mieux avec toi.

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Ensuite, ce souci de confiance en toi (et -donc- de confiance en elle) te pousse, il me semble, à remettre en question tes limites qui sont pourtant tout à fait légitimes. Si tu n’as pas envie d’une relation où ta partenaire voit d’autres personnes, c’est ton droit. Si tu n’as aucune envie de rapports de domination/soumission avec ta partenaire c’est ton droit. Exprimer ces besoins et envies ne fait pas de toi un « ingrat » et il ne serait pas du tout souhaitable que tu « [te fasses] violence [toi]même » pour réaliser des fantasmes que tu ne partages pas.

Que faire alors pour respecter la liberté de ta copine tout en tenant compte de tes limites et de la douleur et de la colère que ses aventures bdsm hors de votre couple provoquent chez toi?

A la lecture de ton témoignage, une chose me parait évidente : ce serait sans doute une bonne chose pour toi que de consulter une professionnelle de santé formé à l’accompagnement psychologique… D’ailleurs, le fait que tu dises « je ne suis pas encore allé me faire diagnostiquer » me fait penser que tu y as déjà pensé et que tu as envisagé cette option comme un truc à faire, peut-être plus tard… Mon conseil : si tu te sens prêt et que tu as le sentiment que cela peut t’aider, n’hésite pas et vas y maintenant.

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GIF non contractuel, les psys sont rarement aussi mignons

Deuxième point (et le premier t’aidera peut-être pour y arriver) : il me semble que tu devrais réfléchir à ce que TU veux/attends (vraiment) de ta relation avec ta copine (sans essayer de penser à sa place, à ce qu’elle veut, ça, c’est elle qui te le dira). Cela me paraît plutôt assez important parce qu’apparemment le fonctionnement que vous avez adopté pour le moment ne te convient pas du tout et te rend très malheureux. Dans un second temps, et une fois que tu sauras ce dont tu as envie, l’idée c’est évidemment de lui en parler, de lui demander si ce que tu veux/attends (toujours dans la même optique que ce que je disais plus haut, c’est à dire que si tu demandes quelque chose à ta copine il faut bien que tu aies conscience qu’il est possible qu’elle te réponde que cela ne lui convient pas, et que vous ayez besoin de réfléchir ensemble à un compromis qui pourrait vous satisfaire tous les deux).

J’espère sincèrement que ça va aller, toi et elle et vous.

Bisous <3

[Edit] Je rajoute une remarque très intéressante de @dwam qui me signale qu’il est tout à fait possible  « que [t]a copine apprécie probablement particulièrement le fait que [votre] relation ne soit PAS bdsm ? Je ne peux pas savoir à sa place, mais il y a cette éventualité qu’elle ait envie de sexe bdsm, mais qu’à côté de ça, elle ait également envie d’une relation qui ne soit pas basée sur les rapports de domination, justement ? On peut avoir envie de choses diamétralement opposés en terme de sexe et de relation, ou juste, simplement, de diversité, non ? Genre l’intensité et les rapport de pouvoir ça peut être intense et excitant etc, mais des fois l’intensité c’est pas gérable en non-stop quoi. Et dans [t]on cas, […], à la lecture de [t]on témoignage, c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit « elle assouvi surement une partie extrême de ces envies sexuelles avec ses sex-friends, mais elle a peut être envie d’une relation plus… Euh… Calme… Au quotidien? »« 

Cette réponse existe grâce au soutien de @elliotmontel  sur Tipeee. Merci beaucoup!

 

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