Fille bie, je n’arrive pas à me donner du plaisir avec la masturbation et j’ai peur de ne pas être douée avec les filles

Bonjour je suis une fille bi et j’ai un problème avec la masturbation. Je suis dans une relation avec un homme depuis longtemps, aucuns soucis au lit mais quand je suis seule je n’arrive pas à me faire du bien. J’ai essayé plusieurs positions, plusieurs techniques mais rien ne marche je ne ressent rien du tout. Ça me gêne énormément car j’ai peur d’être juste mauvaise avec le sexe féminin et cela me freine pour aller voir des filles! Je suis perdue, merci d’avance pour ta réponse bonne soirée :)

Bonjour bonjour,

Bon, PAS DE PANIQUE, ce n’est pas parce que tu n’arrives pas (ou pas encore?) à te donner du plaisir lorsque tu te masturbes que tu es « mauvaise avec le sexe féminin ». Ce sont deux choses complètement distinctes à mon avis :)

Commençons donc par le commencement si tu veux bien, c’est à dire le blocage que tu dis avoir lorsque tu fais du sexe en solo. Déjà, sache que tu n’es pas la seule personne de l’univers qui ne parvient pas à ses fins avec ses mains (ou ses doigts ou ses jouets, après tout chacun⋅e sa technique, hein). Il y a pas mal de gen⋅te⋅s qui rencontrent des difficultés lorsqu’ielles essayent de se donner du plaisir et/ou d’atteindre l’orgasme à travers l’autosexualité. Ça ne veut pas dire que ces personnes sont des nazes de la chatte ou des nulles de la bite, non non!

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Alors qu’est-ce qui coince? Certes, il peut s’agir d’un souci de connaissance anatomique dans le sens où si tu te frottes le coude, même avec la plus belle énergie du monde, il y a effectivement peu de chance que tu prennes ton pied (non, pas le pied du coude, le pied métaphorique!). Et si tu n’as aucune idée d’où se trouve tes zones de plaisir, de comment elles fonctionnent, cela sera peut-être plus compliqué pour y arriver. Mais la plupart du temps, on a quand même une vague idée de l’endroit où placer ses mains/doigts/sextoys, c’est à dire sur nos zones érogènes (parfois il faut explorer un peu pour les trouver, essayer différents endroits, différentes stimulations..) et/ou au niveau du pénis, du clitoris et/ou de l’anus. Bon. Point de vue « mécanique » toujours, il se peut que tu aies besoin d’un peu d’aide par rapport à la version manuelle, par exemple avec un sextoy vibrant? Si tu as testé aussi et que ça ne fonctionne pas, c’est donc ailleurs que ça se joue, et si tu me lis un peu tu te doutes de ce que je vais dire…

Ça se passe dans la tête, eh ui!

Si le contact avec des parties sexuelles suffisait à donner du plaisir voire un orgasme, on jouirait les pieds dans les étriers de notre gynéco ou encore avec le doigt ganté de notre proctologue calé dans le rectum #cemomentgênant.

Mais ce qui nous procure du plaisir ce n’est pas « que » le fait d’appliquer le bon type de stimulation, avec le bon rythme au bon endroit (même si effectivement ça aide quand même hein), c’est aussi tout ce qu’on élabore avant, après, par-dessus et en parallèle de ces sensations physiologiques. L’excitation par exemple joue un rôle hyper important dans notre façon de ressentir les choses. Pincer un téton à froid la plupart du temps ça fait juste mal, alors que dans un contexte d’excitation cela peut en rendre certain⋅e⋅s dingues.

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Concernant la masturbation en solo, on ne peut par définition pas compter sur un⋅e partenaire pour créer le contexte d’excitation, mais il peut y avoir plein d’autres manières de s’ambiancer le périnée (façon de parler). Déjà on peut visualiser des personnes ou des pratiques, se faire son petit scénario, qu’il s’agisse de souvenirs particulièrement hot ou de fantasmes (ou d’un mélange des deux…). Ensuite, on peut se tourner vers les photos, films, ou écrits érotiques/pornographiques aussi comme supports d’excitation, que ce soit pour la faire naître ou simplement l’augmenter, la prolonger pendant que l’on se fait du bien.

Si malgré tout cela ça coince toujours, il se peut que cela soit un blocage qui est spécifiquement lié à l’autosexualité ou masturbation. Pendant longtemps, on a considéré cela comme une activité dégradante, voire dangereuse pour la santé. On imaginait aussi qu’il s’agissait d’une sous-sexualité qui mettait en péril la seule vraie sexualité valable, à savoir celle des couples hétérosexuels qui pouvait (voire devait) mener à la reproduction. On se disait que c’était une sexualité réservée à celleux qui ne peuvent pas accéder à des rapports avec d’autres personnes même s’ielles en ont envie (ou alors pas autant qu’ielles le voudraient, ou pas de la façon dont ielles le souhaiteraient, etc etc ).

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A ce titre, la masturbation ou autosexualité était donc vue comme le domaine réservé des adolescent⋅e⋅s, des mal-baisé⋅e⋅s (par qui, on se le demande, hein), des frustré⋅e⋅s ou des pervers⋅e⋅s. Certaines personnes continuent à le penser d’ailleurs. Or, cette façon de voir les choses a laissé une empreinte forte dans notre inconscient collectif, qui peut faire qu’on éprouve de la honte, de la culpabilité ou un sentiment de ridicule qui peuvent entraver le plaisir lors de cette activité voire bloquer l’orgasme. Ça, ça peut éventuellement se travailler avec un⋅e psy ou sexologue par exemple si tu en as envie.

Quoi qu’il en soit, le fait que tu rencontres des difficultés à la masturbation ne signifie absolument pas que tu auras les mêmes avec une partenaire du même sexe. Déjà, en termes de contexte, ce sera complètement différent, puisqu’a priori tu auras une source d’excitation sous la main (ta partenaire, donc) et par ailleurs tu seras face à un autre corps qui, fatalement, fonctionnera (au moins un peu) différemment du tien. Là, le risque ce sera peut-être de te mettre la pression et que ça te stresse et te bloque. Mais en fait il y a un moyen très simple de pallier cette tension négative, et ça tient à deux choses : RA-LEN-TIR et E-COU-TER.

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Ça veut dire quoi? Ça veut dire que si tu es avec une nouvelle partenaire (et même une ancienne, en fait!), la manière la plus sûre de lui donner du plaisir c’est de prendre le temps de capter et/ou lui demander ce qui lui plait ou pas (si demander verbalement est compliqué, ça peut passer par le fait d’être attentive à ses réactions et expressions lors de tes différentes caresses). Même la meuf la plus virtuose de la masturbation et/ou spécialiste de l’anatomie, sans communication, elle passe à côté des spécificités et des goûts de sa partenaire et aura du mal à lui faire du bien… Parce qu’on n’est pas toutes foutues exactement pareil, parce qu’on n’aime pas toutes les mêmes choses et parfois ça peut varier selon le jour, l’humeur, le/la partenaire, etc… Parce que certaines adorent qu’on leur claque les fesses, qu’on leur suce les doigts ou qu’on mordille les lobes d’oreille alors que d’autres ont horreur de ça, que d’autres encore sont des fans des rapports longs, lents et sensuels tandis qu’il y en a qui préfèrent que ça soit fast and furious et il y en a même qui alternent!

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Ça a l’air bête mais les éléments qui font qu’un rapport est agréable sont en grande partie liés au fait de se sentir bien avec la personne, en confiance et à l’aise pour échanger des gestes qui, s’ils ne sont pas forcément amoureux, sont en tout cas intimes. Donc c’est clairement dans les cordes de n’importe qui, pour peu qu’on prenne la peine de faire attention à la personne avec qui on se trouve ;)

Voilà voilà, je termine en te linkant la réponse que j’avais fait à une question un peu similaire si ça t’intéresse encore après cet énorme pavé :)

Bisettes à paillettes

Cette réponse existe grâce au soutien de @callime_ sur Tipeee. Merci beaucoup!

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