J’aime le SM soft mais suis excitée par les récits plus hard, est-ce que ça veut dire que je vais aimer ou évoluer vers cela?

Je lis un blog SM depuis quelque temps où l’auteur raconte en détails les soirées SM avec son maître (bien choquantes parfois pour un public non averti). Ses histoires m’excitent énormément. Aujourd’hui, j’aime le SM soft, autrement appelé D/S mais je me demande si le simple fait que je suis excitée par ses détails voudrait dire que j’aimerais aussi le SM ou que je vais évoluer vers le SM. La plupart du temps, je ne m’imagine pas du tout à sa place de soumis(e), n’empêche que ça m’excite comme rien d’autre.

Coucou!

Alors NON, le fait d’être excité⋅e par la description plus ou moins réaliste ou romancée d’une pratique, que ce soit par le biais de l’écrit, de la photographie ou de la vidéo ne signifie pas nécessairement que tu vas toi-même t’y mettre. On peut tout à fait fantasmer sur des choses qu’on lit/voit ou imagine sans avoir envie du tout de concrétiser. L’avantage des idées, c’est qu’il n’y a aucune limite à mettre dessus, et on peut être excité⋅e par des choses que l’on ne ferait pas parce que ce serait impossible (scénarios dans des hentaïs par exemple) ou que cela ne correspond pas à nos limites morales voire parce que ce serait illégal de le faire.

Au sein du BDSM (pour bondage domination soumission sado-masochisme), il y a en effet une très grande diversité de pratiques, qui partent des plus « soft » (par exemple attacher les poignets de son/sa partenaire avec des foulards, c’est déjà du « bondage », et une fessée même gentillette c’est déjà un acte qui rentre dans le cadre du sado-masochisme) aux plus « hard » (humiliation ritualisée, utilisation de matériels tranchants, brûlants ou électrisés).

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Le seul moyen de savoir si une nouvelle pratique, peut-être plus « hard » te plaît, c’est tout simplement de l’essayer, dans un cadre sécurisé où tu te sais en confiance et respecté⋅e, c’est à dire plutôt avec un⋅e partenaire que tu connais déjà et avec qui vous avez pu expérimenter d’autres choses, plus « soft » par le passé mais dont tu sais qu’ielle a respecté tes limites et bien évidemment ton consentement.

Ce n’est pas parce qu’on pratique le BDSM qu’on ne peut pas se protéger sur le plan des IST(j’en parlais ici) mais aussi sur le plan personnel.

Typiquement, plus une expérience promet d’être intense ou extrême, plus il est important qu’elle ait été discutée en amont entre partenaires et c’est au/à la soumis⋅e (ou personne dominée, si tu préfères) de fixer les limites qui devront absolument être respectées par le/la maître⋅sse (ou personne dominante) qui peut cependant aussi poser ses propres limites (par exemple pas de sang) et ces limites devront bien entendu être acceptées et respectées par le/la soumis⋅e. Même au sien d’une relation BDSM, c’est une relation entre deux êtres humains (ou plus) et chacun⋅e a le droit à ses envies, ses limites, son libre arbitre et au respect de son consentement.

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(Salut chanson qui pue le cul – clip non censuré)

Un mot et/ou geste de sécurité doit être défini qui marquera, sans délai ni négociation, l’arrêt immédiat de la pratique qui est en train d’être testée. En général on évite « non » ou « arrête » qui peuvent parfois échapper à la personne soumise à mille délicieux supplices sans qu’elle ait réellement envie que cela s’arrête [CECI N’EST VRAI QUE DANS LE CADRE D’UNE RELATION OU ON EN A DISCUTE AVANT DANS TOUS LES AUTRES CAS NON C’EST NON ET ARRETE C’EST ARRETE TOUT DE SUITE]. Du coup le « safeword » est plutôt un truc improbable que tu ne dirais jamais habituellement (par exemple hippopotame ou ananas). Il peut être utile d’avoir un « safe geste » aussi, pour le cas où tu serais incapable de parler (si tu es bâillonnée par exemple).

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Pour résumer, tu peux parfaitement rester dans des pratiques plutôt « soft » en ayant des fantasmes franchement « hard », cela ne t’oblige en aucun cas à franchir le pas sauf si tu en as envie bien sûr, auquel cas le mieux est encore d’expérimenter pour savoir ce qui te plait ou pas!

J’espère avoir pu t’éclairer un peu,

Bises

[Edit] sur Facebook, Tan (qui est – entre autres – dominatrice professionnelle) précise « Moi j’ajouterais que les safe word ne sont pas obligatoires, ce qui est obligatoire est que la personne qui domine s’assure en permanence que la personne dominée va bien.« 

Cette réponse existe grâce au soutien de @Poueteuh sur Tipeee. Merci beaucoup!

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